Belgique : Planisfer pour booster le fret ferroviaire régional du Hainaut

29/06/2015 – L’intercommunale IDEA (une collectivité de la province du Hainaut – Mons et Charleroi) a lancé en juin 2015 le concept «Planisfer», un nouveau projet de transport ferroviaire à destination des entreprises. Objectif: des voyages plus rapides, moins chers et plus efficaces dans cette zone industriellement sinistrée de la Wallonie. Pourquoi cette nouvelle offre ?

Le transport ferroviaire n’a plus la cote et représente à peine 5% du transport de marchandises du Hainaut. Jusqu’ici, les clients du fret ferroviaire avaient très peu de latitude quant à l’organisation du transport. Des wagons citernes à destination de la France remontaient à Anvers-Nord, pour ensuite redescendre vers Tergnier ou Compiègne. Résultat: jusqu’à 7 jours ouvrables de voyage, alors que la location d’un wagon citerne de produits chimiques s’élève à 37 euros par jour, soit 10 000 euros par an pour une entreprise comme Yara. Une lenteur incompatible avec la logistique moderne, même si la vitesse n’est pas le critère absolu, mais la fiabilité. A ce titre, les industriels pointent aussi la piètre qualité des services offerts jusqu’ici : manutention, nettoyage des wagons, etc.

Pour y remédier, l’OFP, (Opérateur Ferroviaire de Proximité), peut jouer les intermédiaires en assurant des prestations très diverses, allant de l’entretien des citernes aux chargements des wagons, en passant par la mise en commun des moyens. Ce système, en soi logique, devrait permettre aux entreprises raccordées au réseau ferroviaire de mieux s’organiser. Le projet repose dans une large mesure sur un partenariat et une “gouvernance partagée” avec les acteurs institutionnels, industriels et logistiques de la région concernée. Le tout est piloté par le logisticien Tri-Vizor, qui analysera les flux des partenaires existants ou potentiels pour voir où des solutions de « co-voiturage fret » peuvent permettre de massifier les transports et de dégager ainsi des économies pour toutes les parties impliquées. Un des leviers utilisés doit être la mise en place d’une communauté de chargeurs. Exemple: Yara (Tertre) envoie 10 wagons au Havre. Il reste de la place. On rajoute 2 wagons de l’entreprise Ineos (Feluy). Actuellement, une douzaine d’industries des régions Mons/Centre (province du Hainaut) sont connectées au rail, à l’instar de Total, Ineos, Yara, Garocentre, NLMK…

Le choix de l’OFP pour cette zone est l’opérateur Xpedys, qui est en réalité une filiale du transporteur SNCB Logistics, en cours de redressement. D’un côté plus pragmatique, il s’agit surtout de profiter des temps morts dans l’utilisation des moyens et matériels dont dispose le groupe dans la région.
Fin septembre, cet opérateur a mené à bien son premier transport, un test destiné au sidérurgiste NMLK, pour un transport de 20.000 tonnes d’acier entre Clabecq et le terminal de Garocentre (La Louvière), situé sur le canal du Centre. NLMK va utiliser Garocentre comme centre de distribution pour une partie de sa production. Le transport vers le terminal de Duferco Logistique se fera par le rail, le post-acheminement pouvant s’effectuer tant par la voie fluviale que par la route. Les plates-formes multimodales que sont Garocentre à La Louvière et le terminal du groupe Deschieter à Ghlin, sont appelées à jouer un rôle clé dans ce contexte. Garocentre est déjà pleinement trimodal. A Ghlin, la connexion ferroviaire devrait être opérationnelle au printemps.

Au-delà de ce périmètre, une capillaire « internationale » fait l’objet d’âpres discussions. Il s’agit du tronçon Mons-Valenciennes. Il ne manque que 800 mètres de voies » (ndlr entre Quiévrain et la France), précise Mathieu Nicaise, consultant indépendant en transport ferroviaire. « Mais plutôt que de réclamer des subsides, il faudrait là-aussi trouver un financement innovant, en partenariat – pourquoi pas? – avec le privé » précise-t-il sur le site à RTBF Info. A suivre….

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