Effets climatiques : le rail pour remplacer les eaux trop basses du Rhin…

Trafic –

Dans le cadre de concepts logistiques durables et afin d’accroître la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement pour la matière première importante que constitue la pâte à papier, la papeterie allemande Koehler va davantage utiliser le transport ferroviaire. Le groupe dispose de quatre usines en Allemagne, à Kehl, Oberkirch, Greiz et Weisenbach, et emploie environ 1.800 personnes pour produire du papier et des cartons spéciaux en utilisant les toutes dernières technologies. « Parce que les périodes de basses eaux sur le Rhin ont augmenté ces dernières années, il est devenu nécessaire de modifier notre logistique de transports pour protéger la chaîne d’approvisionnement, même si le transport par voie fluviale et la manutention des marchandises dans le port de Kehl continuent d’être prioritaires en termes de volume, », enchaîne Klaus Krieg, responsable de la gestion de la chaîne d’approvisionnement pour Koehler Paper Group. « En faisant un usage accru des chemins de fer, nous améliorons la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement, réduisons le trafic routier local et améliorons en même temps notre empreinte environnementale. Une combinaison parfaite. »

Les effets climatiques sur le Rhin pour… revenir au rail, ce n’est pas un cas unique car un certain nombre d’opérateurs de fret ferroviaire a augmenté le trafic des trains le long du plus riche couloir économique d’Europe.

Le groupe Koehler a donc pris la décision de restaurer son raccordement ferroviaire et la cour de marchandise de son usine d’Oberkirch. Coût de l’opération : près d’un million d’euros tout de même ! Cela montre la difficulté de raccorder au rail des plus petites entreprises. «_Nous avons allongé le raccordement ferroviaire existant, qui était trop petit, nous y avons ajouté des aiguillages manuels et nous avons également acheté un robot de manœuvre moderne. Cela permet aux employés de gérer le travail de manœuvre dans l’usine de manière indépendante et flexible et de traiter quatre fois plus de tonnage à l’entrée », explique Andreas Riedlinger, chef d’équipe logistique chez Koehler. Depuis le début de l’année, trois à quatre trains-blocs hebdomadaires ont remplacé les 15 livraisons quotidiennes par camion.

Les trains sont chargés dans le port de Brake, au nord de Brême, où les navires arrivent avec leur cargaison de pâte à papier. Les wagons avalent ensuite les 660 kilomètres de trajet en “saut de nuit”. Ce train, connu sous le nom de «Pulp Sprinter» (le personnel de la Deutsche Bahn l’appelle également «Koehler Sprinter»), garantit désormais des temps de trajet optimaux, des temps de manœuvres réduits et la stabilité des chargements.

On notera au passage l’utilisation du locotracteur télécommandé Rotrac E4 de la firme Zwiehoff pour manœuvrer les wagons au sein des usines.

Les wagons utilisés sont du type Hbbills ou assimilés selon les disponibilités de DB Cargo. Deux usines du groupe Koehler, implantées Kehl et Oberkirch (finalement quasi en face de Strasbourg), sont proches l’une de l’autre ce qui permet des économies d’échelle et de ne faire qu’un seul train jusqu’à Kehl pour les deux implantations.

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