L’Ecotaxe : Vers une mise en place en France (entre indécision et embarras) ?

Global Rail Network se lance une nouvelle fois dans une série d’articles autour du transport ferroviaire de marchandises, en faveur de sa valeur ajoutée et de son intégration dans un circuit global de logistique.

Notre premier article traitera d’un sujet assez sensible, faisant l’actualité des journaux et des magazines spécialisés en transport : L’Ecotaxe.

L’écotaxe, c’est une taxe imposée à certains produits, afin de compenser en partie les dommages environnementaux générés par la fabrication ou l’utilisation de ces produits. Toutefois, le même mot est utilisé en France pour désigner également une taxe poids lourds.

Revenons un peu en arrière, en 2007 : un consensus politique (le Grenelle de l’environnement) a donné naissance à une taxe pollueur-payeur à appliquer à tous les poids-lourds circulant sur le sol français. L’idée n’est pas nouvelle puisqu’elle s’inspire de ce qui est déjà en application dans quelques pays européens ; notamment la Suisse qui est le pionnier dans ce domaine et a ensuite été suivi par l’Autriche, l’Allemagne, le Portugal, la République Tchèque et la Belgique l’an passé (2017).

Les redevances de cette taxe sont réutilisées pour investir dans des moyens de transport plus propres, notamment le fret ferroviaire et fluvial. Jusqu’ici, nous ne pouvons qu’applaudir cette démarche vers un monde plus propre, puisqu’elle a pour but de rééquilibrer les coûts entre poids lourds et fret ferroviaire et contribuer à moyen terme à réduire le nombre de camions sur les routes françaises.

Le moyen adopté est d’installer des GPS dans les camions et y mesurer le kilométrage parcouru sur le sol français, générant ainsi une taxe par kilomètre parcouru. Des portiques installés dans des endroits stratégiques permettent de contrôler et verbaliser les camions non équipés de ce système.

Malheureusement, notre pays n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de la démarche, et a abandonné l’écotaxe en 2014 après une série de manifestations des fameux « bonnets rouges » issus de la filière agricole Bretonne, agissant contre ces mesures fiscales et notamment l’écotaxe. La destruction des portiques et la mobilisation des manifestants ont fait reculer le gouvernement qui a finalement décidé l’abandon de cette mesure.

En dépit des quelques centaines de millions d’euros perdus par l’état (liés aux investissements dans les portiques et l’indemnisation des entreprises sous contrat avec l’Etat étant amenées à opérer autour de l’écotaxe), le nombre de poids-lourds traversant la France continue de croitre, dégradant toujours et encore nos routes ; les rejets de carbone émis dans l’air que nous respirons et que nos enfants respirent ne cessent également d’augmenter.

Le pire dans tout cela ? L’abandon de la mesure n’a jamais été accompagné de mesures palliatives. Bien sûr, certains industriels commencent à miser sur le développement de moteurs hybrides et des poids lourds électriques, des solutions qui permettront de réduire l’empreinte carbone, mais cela sera sans effet sur la circulation du réseau routier qui sature déjà autour des métropoles.

En attendant de nouvelles mesures, le manque à gagner est considérable. De l’argent que l’on pourrait investir dans le développement de moyens de transport propres, dans la recherche pour améliorer les moteurs utilisés, ou dans les moyens d’améliorer le transport quotidien des citoyens.

L’actuel ministre de l’écologie François Rugy a déclaré vouloir imposer une taxe sur les camions étrangers traversant la France sous forme d’une vignette. Cette décision risque d’être bloquée par l’union européenne afin de respecter les règles de concurrence imposées aux Etats-membres. La solution proposée ne réglera qu’une partie de la problématique puisqu’elle exclut les camions français qui représentent une majorité des poids lourds circulant sur le sol français. Nous attendons avec impatience la décision de l’actuel gouvernement et espérant que les citoyens français mesurent l’importance de trouver des solutions en faveur de la réduction de la pollution de l’air.

 

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