Assises de la mobilité : le rail sera traité séparément

La ministre des Transports, Elisabeth Borne a donné en septembre dernier le coup d’envoi des Assises de la mobilité, qui doivent durer trois mois et aboutir, début 2018, à une loi d’orientation des mobilités. De quoi s’agit-il ?

La France voudrait remettre à plat les grands projets, réduire la part de la voiture individuelle et plus largement repenser le transport. Une vingtaine de projets d’infrastructures en cours, pour lesquels dix milliards d’euros manquent à l’appel, serait ainsi mis en mode « pause ». Le transport devait ici être repris au sens large : trains, bus, tram, routes, mais aussi, pour le futur, les navettes autonomes, vélos électriques et covoiturage. Dans la pratique, au cours de tables rondes et de rencontres partout dans l’Hexagone, on parlera ressources et dépenses, numérique, transition énergétique, fiscalité, sécurité… Elus, associations professionnelles et syndicales, ONG, entreprises et grand public seront invités à donner leur avis, pour aboutir en décembre 2017 à la remise de recommandations. La loi d’orientation (LOMI) doit être présentée au premier semestre 2018. Elle comportera une vision à moyen terme des infrastructures et une programmation des projets et des financements de l’Etat sur une période de cinq ans. Sauf que…

Le volet ferroviaire, qui nous intéresse au premier plan, ne serait pas intégré à cette grand messe du transport ! C’est en tout cas ce que craint la Lettre du Cheminot qui n’hésite pas à préciser que « Le gouvernement ne veut en effet pas accumuler les dossiers explosifs. » Triste constat qui se double d’un autre : le transport de marchandises et la logistique feraient l’objet d’une démarche spécifique. D’après Actu-Transport, « les interlocuteurs ne sont pas les mêmes. Pour le gouvernement, il s’agit davantage d’une affaire de professionnels, sur lequel le grand public n’a donc pas autant son mot à dire que sur la mobilité des personnes. » Il est donc peu probable que ces Assises aient un impact majeur sur les lignes capillaires à maintenir en vie, ce qui est particulièrement regrettable.

(photo wikipedia commons)

Rappelons pourtant l’importance de la logistique pour le quotidien des personnes : des rayons de magasins remplis chaque jour et à toute heure, des emplois par milliers. Cela engendre certes une multitude de transports routiers souvent polluants. Une partie de cette logistique, celle des gros volumes entre usines et dépôts de distribution, pourrait en revanche relevé davantage du rail à condition de revoir les flux, d’un côté, et d’offrir un service ferroviaire top-niveau, de l’autre. En cela, on aurait aimé que les Assises s’attaquent à l’implantation des zones industrielles et à la nécessaire revitalisation du fret ferroviaire dans une optique pragmatique, comme l’a fait l’Allemagne avec son plan national logistique, en élargissant l’écosystème ferroviaire à tout le monde, y compris les OFP et les transporteurs privés.

La logistique en un coup d’œil

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