SNCF : un débat qui doit rester serein

Ces derniers jours de fin février et début mars sont agités sur le plan ferroviaire en France, et plus particulièrement en ce qui concerne une possible réforme de la SNCF. Les débats font suite à deux rapports récents : l’un sur les infrastructures (rapport Duron), l’autre sur le devenir même de la SNCF (rapport Spinetta). Ce dernier « devrait » servir de base – dit-on – à une future loi réformant la SNCF. Il n’y a pas lieu – à l’heure d’écrire ces lignes – de commenter plus avant des décisions qui ne sont pas encore prises au niveau de l’État et dont personne à ce jour ne connaît la teneur.

L’avenir des petites lignes sera bien évidemment scruté avec attention par Global Rail Network. Chez qui va-t-on transférer la gestion de ce vaste réseau de capillaires ? C’est toute la question. Car l’avenir des capillaires se joue sur plusieurs volets en parallèle. D’une part, il y a encore de la part des jeunes français un mouvement de désertion des campagnes qui jette un doute sur l’utilité des services ferroviaires ruraux. D’autre part, cette désertion s’accompagne d’un assèchement encore plus marqué du peu d’industries qui auraient pu intéresser un trafic de train. Les céréales sont l’exception à ce sombre tableau, mais il est notoirement connu qu’il faut diversifier la clientèle pour pallier aux manquements de l’un ou l’autre secteur.

Le débat actuel est engagé sur une hystérisation maladive qui ne fera que des perdants. Car pendant que l’on tergiverse par médias interposés, des hectares entiers d’entrepôts logistiques sortent de terres à proximité des autoroutes et des rocades nationales. Ces industries-là, qui ont conçu leur plan sur base du seul mode routier, seront demain irrécupérables pour un éventuel transfert route/rail.

L’avenir même du transport ferroviaire ne peut être fondé que sur base d’une vision à moyen et long terme. C’est bien cela qui manque cruellement dans le spectacle auquel nous assistons sur la place médiatique. Global Rail Network tentera d’insuffler cette vision qui manque à tant de niveaux de pouvoirs.

Un TER pour Issoire en 2017 (photo Valentin Monnot via licence flickr)

 

 

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