Un train de trop sur Perpignan-Rungis ?

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C’est le Parisien qui le relatait ce jour : le grand centre de fruits et légumes de Rungis aurait un avenir ferroviaire incertain ! Les installations d’origine datent de 1969 et avait été fort logiquement dotées des raccordements ferroviaires ad-hoc. Si le transport routier reste le plus important en volume (plus de 200 millions de tonnes de denrées périssables en France chaque année), le fret ferroviaire progresse régulièrement, notamment entre le Sud et le Nord de la France. Mais voilà, le développement du secteur routier a marginalisé le rail, en dépit de nouveaux quais inaugurés en 2010 pour passer de 200 000 à 400 000 tonnes par an. L’avantage du rail : « C’est un service plus respectueux de l’environnement  (…) C’est l’équivalent de 100 poids lourds qui sont déchargés ici quotidiennement ! » rapporte le quotidien. Mais c’est bien peu par rapport au véritable charrois quotidien.

Qu’en est-il du train ?

Deux trains frigorifiques relient chaque nuit Perpignan à Rungis, mais le second n’est plein qu’à moitié, rendant le train, et donc le terminal « économiquement non viable » selon David Bourganel, directeur du développement de la Semmaris, société gestionnaire du marché de Rungis. Vient alors la question : pourquoi y-a-t-il encore des camions sur la même liaison que la SNCF ? « C’est plus flexible sur les horaires », confie un employé d’une société chargée de charger et décharger le train. Idem sur le coût : « Pour les grandes distances, les sociétés de transports emploient des intérimaires étrangers, avec des camions français, ça coûte moins cher », poursuit un autre. La SNCF réfute toute suppression, selon le quotidien et planche sur un plan de remplissage, éventuellement par transport combiné. Or Rungis ne fait pas de transport combiné et pour cause:  chaque jour, des tonnes de produits arrivent au terminal intermodal de Valenton, pas loin de là, avant d’être réacheminés en camion… vers le marché de Rungis.

Nous sommes donc à nouveau face à un exemple de gros entrepôt dont la viabilité ferroviaire est mise en cause. Global Rail Network se bât précisément pour la sauvegarde des capillaires de province. Mais comme faire valoir ses arguments quand les meilleurs sites de la capitale ne montrent pas l’exemple ?

Rungis_SNCF

2 commentaires

  • […] Décryptage: pourquoi la SNCF est dans le rouge – France-Monde. SNCF Geodis améliore significativement sa marge opérationnelle. Un train de trop sur Perpignan-Rungis ? | Global Rail Network. […]

  • Jean-Xavier ROCHU dit :

    Chers partenaires,

    il faut faire l’inventaire des difficultés que nous savons résoudre.
    Pour charger le réseau national, nous ne savons que revitaliser les capillaires.
    Et nous savons le faire projet précis par projet précis.
    Identifions des capillaires… Et ne perdons pas notre temps sur les parties visible de l’iceberg qui ne sont que le gagne-pain des journalistes.
    Une fois identifiés, travaillons avec les maires qui doivent sponsoriser nos ambitions et parmi elles, celles qui favoriseront le développement de leurs communes.
    Vendons la vertu de ces capillaires d’être des leviers de développement des territoires qu’ils drainent!

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