Vosges : une verrerie sauvée par une capillaire ?

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C’est Vosges Matin qui le rapporte : une verrerie utilisant une capillaire de 29 kilomètres reliant Gironcourt-sur-Vraine à Neufchâteau, a failli arrêter ses activités si la ligne n’avait pas été remise à neuf. Or, SNCF Réseau avait prononcé un diagnostique inquiétant en 2014 : l’usure des rails et du ballast obligeait les chargements à ne pas dépasser les 30 km/h tant l’assise devenait précaire. La verrerie appartient à OI Manufacturing (Owens Illinois) et compte 284 salariés ainsi que 370 emplois indirects, pour une production de 1,2 milliard de bouteilles destiné à Obernai. L’année dernière, cette verrerie a procédé justement à un investissement de 5,4 millions d’euros qui a permis d’installer une ligne de production de canettes de bière high-tech produisant 30 bouteilles au lieu de 16 à chaque coulée de verre dans la machine.

C’est sous l’impulsion du préfet des Vosges qu’une série de réunions et de réflexions ont pu avoir lieu et déboucher sur l’apport de fonds pour maintenir la ligne, et par delà l’activité de la verrerie. Selon le journal, une première étude chiffrait le montant des travaux à près de 7 millions d’euros, le préfet ayant alors demandé une contre-expertise. La somme est descendue à 5,14 millions. Christian Franqueville, député de la 4e circonscription, déclarait notamment que « ce tronçon de 28,6 km est utilisé pour le transport des bouteilles fabriquées par la verrerie OI manufacturing et possède un embranchement au niveau de la zone d’activités de Châtenois. Il était de bon ton de prendre en compte la possibilité d’installations de futures entreprises pouvant se raccorder à ce mode de transport ». La région voit donc plus loin que la seule verrerie.

Le commentaire de Nathalie Babouhot, conseillère départementale du canton Mirecourt-Châtenois concernant la mise de fonds pourrait paraître plus inquiétant : « Je regrette seulement que les collectivités aient été obligées de mettre la main à la poche. La satisfaction étant toutefois au niveau de la sauvegarde de l’emploi ». Est-ce une remarque adressée à SNCF Réseau ? Et quel est dans ce cas  le rôle des collectivités en matière de chemin de fer ? Christian Franqueville renchérit : « Je regrette seulement que l’on ait fait appel, de manière trop importante, aux communes dans un dossier industriel privé ». Fallait-il dès lors carrément privatiser cette ligne capillaire ? L’Etat et les collectivités ne sont-elles pas celles qui, justement, doivent offrir le support financier propice et nécessaire au transfert modal et à l’arrivée de nouvelles industries utilisant le rail ?

Toujours est-il qu’à la fin de l’année, le chantier débutera pour une durée d’environ trois mois, la route effectuant le transfert des millions de bouteilles…

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Les diesels Euro 4000 d’Europorte prennent en charge depuis le mois de mars 2011 une partie des rotations entre la verrerie de Gironcourt-sur-Vraine (Vosges) et Obernai (Bas-Rhin) via Neufchâteau (trains de bouteilles vides à destination d’Obernai et retour sur Gironcourt).

 

 

 

 

 

 

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